AMSTERDAM – MAYA ARAD-YASUR

AMSTERDAM
MAYA ARAD-YASUR

Traduction Laurence Sendrowicz

Texte écrit en Israël en 2017

Titre original : Amsterdam

Crée au théâtre de Haïfa en décembre 2018

Traduit de  l’hébreu par Laurence Sendrowicz en 2018

Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez

Traduite également en allemand

Prix du Berliner Theatertreffen Stückemarkt 2018

Crée au Volkstheater mars 2018.

Domaine protégé, agent :  Althea

Résumé

Un beau matin, à Amsterdam. Une jeune violoniste, enceinte de neuf mois, se retrouve soudain sans gaz. Sous sa porte est alors glissée une facture de gaz de 1 700 €, adressée à l’ancienne propriétaire, décédée. Commence alors pour la jeune femme un périple au cours duquel elle va essayer de comprendre pourquoi elle devrait payer une telle facture. Pendant 24 heures, elle va être confrontée à son présent d’étrangère-juive-israélienne en Europe ainsi qu’au sombre passé de la Hollande pendant la Seconde Guerre mondiale. La grande originalité de la pièce, outre cette quête à rebondissements, est sa narration : plusieurs voix essaient de reconstituer le récit sans jamais pouvoir affirmer quoi que ce soit. L’histoire progresse de spéculation en spéculation et le dialogue sur scène ne cesse de passer des acteurs de l’action à ceux qui la racontent, la frontière entre les uns et les autres devenant de plus en plus floue.

Regard du traducteur

Maya Arad-Yassur invente, dans cette pièce, une narration scénique très originale et laisse une grande place à l’imagination de ceux qui s’empareront de ce texte. Le récit qui retrace 24 heures de la vie d’une jeune Israélienne vivant à Amsterdam, se forge sous les yeux du spectateur, à travers différentes voix (trois au minimum selon l’auteur) qui se croisent sans qu’aucune ne puisse affirmer détenir la vérité absolue sur l’intrigue racontée. Parfois ces voix s’en tiennent à décrire tel ou tel épisode de cette journée fatidique, parfois elles se permettent des digressions, s’amusent, se contredisent, se perdent dans des associations libres ou deviennent actrices des situations. Le tout donne une image à la fois fragmentée et complète d’une réalité très contemporaine, un monde où la globalisation, la politique, l’Histoire envahissent la sphère privée, et où l’individu doit lutter pour sauvegarder un minimum d’intimité.

Note de lecture

Qui doit payer la facture de gaz consommé par les nazis durant la seconde guerre mondiale ? Cette question d’une cruelle et superbe ironie structure cette pièce puzzle qui, à partir d’un événement apparemment anodin (une facture pour un impayé avec des indemnités de retard) nous entraîne avec un constant humour glaçant dans les profondeurs tragiques de la Shoah. C’est comme un théâtre de la rumeur, de la conversation de bistrot où au fil de contradictions, de révélations plus ou moins avérées, une vérité se déshabille révélant les secrets d’une ville, Amsterdam, où les murs des vieux immeubles se souviennent encore des réduits où se cachaient les familles juives. Toutes ces Anne Frank qu’on a gazées et dont il faudra bien un jour régler la facture de gaz alors même que la mèche de l’antisémitisme est loin d’être éteinte. La pièce mordante et terriblement efficace, se lit comme un thriller.

L’auteure : Maya Arad-Yassur

maya arad

Maya Arad est née en Israël en 1976. Elle est dramaturge et auteur de théâtre. Elle a vécu à Amsterdam de 2007 à 2012. Après un master en dramaturgie de l’université d’Amsterdam, elle a  travaillé avec plusieurs compagnies de théâtre en Hollande et en Israël, principalement sur des créations collectives ou du théâtre documentaire. En tant qu’auteur, elle s’intéresse particulièrement à la problématique de la guerre et de l’exil et s’interroge sur les mécanismes narratifs de l’écriture théâtrale. Ses textes ont fait l’objet de créations et de lectures publiques en Israël, Allemagne, Autriche, Norvège et États-Unis. Certains ont été publiés dans des importantes revues théâtrales en Allemagne. Elle a reçu le prix « artiste émergent » du théâtre Habima pour sa pièce : Gods waits at the station (2015) et le premier prix du International Theatre Institute pour : Suspendus (2011) Amsterdam a remporté le prix du Berliner Theatertreffen Stückemarkt 2018.

La  traductrice : Laurence Sendrowicz

Laurence Sendrowicz quitte la France après son bac, elle reste treize ans en Israël où elle devient comédienne, puis commence à écrire pour le théâtre. De retour en France, elle devient traductrice de théâtre et de littérature hébraïque contemporaine tout en poursuivant, en parallèle, son travail d’écriture dramatique. Elle est l’une des initiatrices du projet de traduction de l’œuvre de Hanokh Levin en français. Depuis 1991, soutenue par la Maison Antoine-Vitez, elle a traduit trente-et-une de ses pièces (dont huit en collaboration avec Jacqueline Carnaud), et a proposé quatre recueils de sketches tirés de ses cabarets. Pour le théâtre, elle a également traduit David Grossman, Anat Gov, Gadi Inbar,  Mickaël Gourevitch, Tamir Greenberg.

Pour l’édition, elle est, entre autres, la traductrice des romanciers Yshaï Sarid, Dror Mishani, Alona Kimhi, Batya Gour, Zeruya Shalev, Yoram Kaniuk.

En 2003, avec l’auteur Zeruya Shalev, elle reçoit le prix Amphi-Lille 3  pour Mari et Femme ;

En 2012, elle obtient le grand prix de traduction de la SGDL  pour 1948 de Yoram, Kaniuk ;

En 2014, le roman de Zeruya Shalev, Ce qui reste de nos vies, qu’elle a traduit, reçoit le prix Fémina Etranger.

En 2018, elle obtient le prix des Lettres de la fondation Bernheim et, avec Jacqueline Carnaud, le prix SACD de la traduction/adaptation pour leurs traductions de Hanokh Levin

Auteur de théâtre et fondatrice de la Compagnie Bessa,  elle a notamment écrit :

 

Tirez pas, je suis pacifiste !  (théâtre Beit Lessin, 1982)

Vendu (France-Culture, 1991)

 

Versus ou l’Histoire clarifiante de la famille Eglevau (théâtre du Chaudron, 1991)

Echec et Mat (Beit Lessin 1992).

En 2008, elle obtient une aide à l’écriture de la fondation Beaumarchais-SACD pour Les Cerises au kirsch et remonte sur les planches pour l’interpréter (seule en scène) dans une mise en scène de Nafi Salah (création fev 2011 au théâtre de la Vieille Grille). Suivront les deux autres volets de cette trilogie familiale, toujours mis en scène par Nafi Salah : Faute d’Impression, une histoire de traductrice (bourse découverte CNL –  Manufacture des Abbesses – 2014), Ma Mère voulait (2017-2018 Notre-Atelier, reprise en 2018 au théâtre de la Vieille Grille)

En 2008, elle obtient le soutien de la fondation Beaumarchais-SACD pour l’écriture des Cerises au kirsch, itinéraire d’un enfant sans ombre, qu’elle interprète seule en scène en 2011, au théâtre de la Vieille Grille puis en tournée.

En 2014, elle obtient une bourse découverte du CNL pour l’écriture de Faute d’Impression, un texte qu’elle interprète seule en scène la même année au théâtre de la Manufacture des Abbesses.