Sélection Eurodram 2025 : les textes remarqués

La Maison, d’Aliye Ummanel
traduit du turc (Chypre) par
Selin Altiparmak

Titre original : Ev
Lieu et date d’écriture : Nicosie 2015
Création : Théâtre municipal turc de Nicosie, 2016

Version française :
Date traduction : 2024
Texte sélectionné au festival Regards Croisés en mai 2024 à Grenoble.
Texte lauréat de l’aide à la création d’Artcena en 2024.
Publication : L’Espace d’un instant, Paris, 2024, avec le soutien du programme Teda du Ministère de la culture de Turquie et de la Fondation Jan Michalski pour la littérature.
Droits : Maison d’Europe et d’Orient

La Maison nous raconte le drame que vivent différentes familles qui ont vécu dans la même maison, puis ont dû s’exiler en laissant tout derrière elles à cause de la guerre. Une grand-mère vient visiter avec sa petite-fille la maison où elle a grandi. Elle a dû quitter cette maison à cause de la guerre. Elle ne pouvait pas venir la visiter avant, car les frontières entre les deux pays étaient fermées. Toutes les deux rencontrent les nouvelles habitantes de la maison, qui s’y sont installées dans le contexte de la guerre, juste après le départ de la grand-mère et sa petite-fille. La Maison pose la question de la propriété et de l’appartenance : « À qui appartient cette maison ? » mais aussi : « Qui appartient à cette maison ? »

Trilogie chypriote – Aliye Ummanel

***

Crime #AlwaysArmUkraine, d’Esther Bol
traduit du russe par Gilles Morel

Titre original : Crime #AlwaysArmUkraine
Lieu et date d’écriture : Jérusalem 2022
Créations scéniques sous forme de performances bilingues depuis 2023 à Prague, Budva, Tel Aviv, Berlin…
Publication : éditeur ?, Tel Aviv, 2024
Texte lauréat du festival Lubimovka en 2024

Version française :
Date traduction : 2023
Créations sous forme de performances bilingues depuis 2023 à Lyon, Montreuil, Lausanne, Paris…
Publication : L’Espace d’un instant, Paris, 2024, dans la collection « Sens Interdits », avec le soutien  du Théâtre Nouvelle Génération – CDN de Lyon, du Centre national du livre et de la Fondation Jan Michalski pour la littérature
Droits : Maison d’Europe et d’Orient

Crime #AlwaysArmUkraine déroule une chronologie singulière des six premiers mois de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine. Une guerre ouverte à l’examen comme aucune autre auparavant. D’autant plus monstrueuse que les Russes peuvent suivre sur leur téléphone les souffrances que leur pays inflige. La plupart préfèrent fermer les yeux, certains en dégustent la violence, d’autres compatissent. Tout cela ouvre une dimension nouvelle à l’écriture documentaire et c’est en l’explorant que la protagoniste tente de surmonter l’engourdissement de la solitude et de l’exil. Elle est russe, son bien-aimé est ukrainien. Il combat pour la défense de sa patrie. Fait prisonnier aux débuts des hostilités, nul ne sait ce qu’il est advenu de lui. Que peut-elle faire ? Sinon confier ses lettres au tourbillon du cyclone numérique.

Crime #AlwaysArmUkraine – Esther Bol

***

Dans le lit de mon père, de Magne van den Berg
Traduit du néerlandais par Esther Gouarné

Titre original: Met mijn vader in bed (wegens omstandigheden)
Lieu et date d’écriture : ville ?, 2013
Création : Toneelschuur Harlem, 2013
Publication : De Nieuwe Toneelbiblioteek
Sélectionné pour le festival Neue Stücke Festival Wiesbaden en 2014
Nominé pour le prix littéraire Taalunie Toneelschrijfprijs
Autres traductions : allemand et espagnol

Version française :
Date traduction : 2023
Bourse de la Maison Antoine-Vitez
Lecture publique à la Mousson d’été en 2024

Une fille – F et son père – P sont au téléphone. Ils vivent assez loin, lui dans la campagne, elle en ville, à “l’ot bout du pays”. Vingt-huit conversations téléphoniques s’enchaînent, on assiste à une conversation lacunaire, chaque fois interrompue. Chaque protagoniste gère de façon différente le deuil de la mère / épouse, décédée il y a quelques mois. Les mots peinent à sortir, et la conversation se cristallise autour de la question des objets et de l’aménagement de la maison familiale, dans laquelle le père vit désormais avec sa nouvelle compagne – « elle ». Les meubles et les bibelots que la morte avait choisis représentent leur vie d’avant, la vie qui ne sera plus jamais.

***

Eudy, de Itziar Pascual
traduit de l’espagnol par
 Marie Rosier

Titre original : Eudy
Lieu et date d’écriture : Madrid 2013
Créations : théâtre Cuyás, Las Palmas de Gran Canaria, et Sala Berlanga, Madrid (mise en scène de Carmen Losa), 2014
Publication : Fundación SGAE, Madrid, 2014
Prix LGBTIQ+ Leopoldo Alas Mínguez en 2013

Version française :
Date traduction : 2023
Publication : Actualités Éditions, Paris, 2024

Eudy d’Itziar Pascual s’inspire de l’histoire de Eudy Simelane, capitaine de l’équipe nationale de football féminin d’Afrique du Sud, lesbienne et militante LGBTIQ, violée et assassinée en 2008 en raison de son orientation sexo-affective et de son engagement politique queer. Fruit d’un travail de recherche approfondi sur le football, les questions de genre dans le sport, les rites africains et la figure de Mandela, la pièce déconstruit les mystifications autour de ces thématiques et propose de nouveaux imaginaires lesbiens, évitant les stéréotypes et l’eurocentrisme.

Eudy

***

Summer Evening, de Javier Vicedo Alós
traduit du castillan par Edouard Pons

Titre original : Summer evening
Lieu et date d’écriture : ville ?, 2014
Publication : Centro de Documentación Teatral, INAEM, Madrid, 2015
Prix national de théâtre Calderón de la Barca en 2014
Lauréat des sélections Eurodram castillan et galicien en 2020

Version française :
Date traduction : 2024
Publication : Actualités Éditions, Paris, 2024

Summer evening prend comme point de départ le tableau homonyme du peintre américain Edward Hopper, où un homme et une femme bavardent un soir d’été sous la véranda d’une villa. De ce tableau, qu’il convient de garder constamment en mémoire et « où il ne se passe rien », Javier Vicedo Alós tire neuf récits, en imaginant ce que peuvent se dire et se raconter ces êtres énigmatiques, protagonistes de vies de solitude, de nostalgie, de rendez-vous ratés qui se brisent pour une raison ou une autre. Chacun renferme une infinité de mondes, mélange d’impuissance et de bonheur, de rage et de faim, soumis irrévocablement au hasard de la vie. La dramaturgie y relève tant du champ poétique et pictural que dramaturgique. Elle emprunte la nature et la technique de l’ekphrasis, qui est une description hypnotique précise et détaillée d’un tableau.

Summer evening

***

Blackout Songs, de Joe White
traduit de l’anglais par
 Claire Hélie

Titre original: Blackout Songs
Lieu et date d’écriture : Angleterre, 2021
Commande de la T.S. Eliot Foundation
Création : Hampstead Theatre, Londres, 2022
Publication : NHB 2022
Nominé pour un Olivier Award and trois Off West End Awards en 2023
Autre traduction : maltais

Version française :
Date traduction : 2024
Lecture au festival Made In Britain, Lille, 2024
Création : prévue en mai 2025, Ferme d’en Haut, Villeneuve d’Ascq
Droits : L’Arche

Blackout Songs, c’est un duo-duel entre un artiste maudit et une party-girl qui se rencontrent lors d’une réunion des Alcooliques Anonymes. Tout au long de la pièce, ils oscillent entre dépendance aux substances et dépendance à l’amour. Leur histoire est ponctuée de hiatus, de blackouts, marqueurs ostensibles d’une mémoire abîmée par l’ingestion d’alcool et les traumas du passé. Elle est aussi estampillée par cet humour tout anglais où le flegme, l’absurde et le sarcasme le disputent au désespoir. Mais le sevrage est-il seulement possible quand s’ajoutent aux démons intérieurs un système de santé maltraitant et peut-être aussi, qui sait, une malédiction des dieux ?

***

Sacha, sors les poubelles, de Natalka Vorojbyt
traduit de l’ukrainien par Iryna Dmytrychyn

Titre original Саша, винеси сміття
Lieu et date d’écriture : Kyïv, 2015
Création : Glasgow 2015 (en version anglaise)

Version française :
Lecture au Théâtre dans la Forêt à Parlatges en 2023
Publication : L’Espace d’un Instant, Paris, 2024, dans la collection « Sens Interdits », avec le soutien du Centre national du livre et de la Fondation Jan Michalski pour la littérature
Création : prévue en 2026 au Théâtre dans la Forêt

Katia et Oksana se préparent pour un service commémoratif – Sacha, un colonel de l’armée ukrai- nienne, le mari de Katia et le beau-père d’Oksana, est décédé d’un arrêt cardiaque. Elles pleurent sa perte, mais ne laissent pas Sacha s’éloigner longtemps, elles continuent à lui parler comme s’il était encore vivant et le persuadent de rester auprès d’elles. Après quelques années, la blessure guérit. Mais une guerre éclate en Ukraine, Oksana est de nouveau enceinte, et Katia se prépare à survivre à des moments difficiles avec sa famille. Soudain, Sacha apparaît : il veut retourner dans ce monde pour remplir son devoir militaire et protéger sa famille et son pays de la Russie voisine, (re)devenue l’ennemi. Mais les femmes l’ont déjà pleuré, ont fait leur deuil, et ne veulent pas le faire une seconde fois. Et, sans la permission des parents encore en vie, il n’y a aucun moyen pour les morts de revenir parmi les vivants. Sacha doit donc attendre qu’on l’appelle à l’aide, alors qu’il n’y a plus d’autre protection.

Sacha, sors les poubelles – Natalka Vorojbyt

***

Samouraï, de Ferran Joanmiquel Pla
traduit du catalan par Clarice Pasteig

Titre original : Samurai
Lieu et date d’écriture : Girona 2022
Commande de la salle La Mercantil de Balaguer
Création : Théâtre La Mercantil de Balaguer, Catalogne, 2022
Publication : Omniabooks Terrassa, Catalogne, 2022
Lauréat du 2e Prix Angels Poch de Teatre – Òmnium Cultural Terrassa  en 2022
Autres traductions : anglais et espagnol

Version française :
Date traduction : 2024
Bourse de l’Institut Ramon Llull

Thierry est un professeur de collège qui traine derrière lui un passé sombre. Il arrive dans un nouvel établissement pour un remplacement. Dès son arrivée, il ne fait aucun doute que sa manière d’enseigner est peu conventionnelle, ce qui va provoquer une série de dissensions avec l’équipe de direction du collège. Dans l’établissement l’ambiance est lourde, Thierry fait en sorte que ses col- lègues s’interrogent sur leur propre fonction. L’ombre de son passé entache tout ce qui l’entoure et commence à se projeter de façon dangereuse sur l’un de ses élèves. Au milieu de tout cela, le collège implose : l’inimaginable se produit.