L’accident de Bertrand

L’ACCIDENT DE BERTRAND
EMILIE LECONTE

Pièce écrite en 2015 à Paris.
Sélectionnée en 2015 par le comité de lecture des E.A.T.
Sélectionnée par le Festival « Les Inédits de Cahors »
Finaliste du prix « Les jardins d’Arlequin ».
Soutenue par le collectif « A mots découverts »
Publiée aux Editions ETGSO en 2017
Traduite en allemand par Wolfgang Barth en 2018

Résumé

Après son accident, Bertrand est devenu un véritable centre d’intérêt à la fois pour les spécialistes qui n’ont aucune réponse aux raisons de son état ni aucun traitement adapté comme pour ceux qui le connaissent ou prétendent le connaître (sa mère inquiète, sa famille curieuse, sa petite voisine et une ancienne connaissance qui vit une histoire nouvelle) Et chacun à son tour le bombarde de questions sur son lit d’hôpital. Mais Bertrand n’a au fond, qu’une seule idée en tête, confectionner des confettis avec sa poinçonneuse. Confettis dont la chute comme le battement d’aile d’un papillon provoque au loin des catastrophes.

Comédie tirant vers l’absurde, amusante et agréable à lire qui pose de manière humoristique la question de la normalité et de l’identité.

Emilie Leconte

Ancienne étudiante de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris-Cergy et licenciée de Philosophie, elle écrit aujourd’hui des pièces qu’elle met en scène dont « Murmures amoureux », un projet de théâtre documentaire ainsi que « Le Fil de Mots », un spectacle écrit pour les Arts de la Rue.
Par ailleurs, elle écrit et réalise des courts métrages dont « Rue des Carmes » qui a obtenu le Prix Qualité du CNC.
Elle participe régulièrement à la création de « Bals littéraires » et anime des ateliers d’écriture auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
« J’aime l’été, la maîtresse et les hot-dogs », coécrit avec Marie-Pierre Cattino suite à un atelier d’écriture mené avec des enfants d’une classe pour primo arrivants, est publié aux Editions Koinè en 2017.

Pig Boy 1986-2358

PIG BOY 1986-2358
GWENDOLINE SOUBLIN

Pièce écrite à Lyon, entre avril 2016-avril 2017
La première partie de Pig Boy 1986-2356 est une commande de la Sala Beckett dans le cadre de l’Obrador d’Estiu de Barcelone.
Il fait partie de la sélection 2018 du festival Mange ta Grenouille ! de Prague en République Tchèque.
Le texte intégral a reçu le prix des Journées de Lyon des Auteurs de théâtre 2017.
Publication par les Éditions Espaces 34 / janvier 2018
Traduction intégrale en tchèque, traductions partielles (première partie) en catalan par Gemma Beltran et en anglais par Simon Scardifield

Resumé

Pig Boy 1986-2358 est un texte-gigogne en trois parties.
La premi7re partie raconte l’histoire d’un jeune éleveur de porc français en proie à la crise agricole des années 2010 et qui se rêve Cow-Boy plutôt que Pig Boy. La deuxième imagine Pig Boy, porc-star de la marque de jambon PERTA et descendant direct d’un des porcs de cet éleveur breton, qui est accusé d’avoir copulé avec une fan Japonaise, et qui se retrouve sous le feux des projecteurs à l’occasion d’un procés médiatique virtuel où le public peut décider de son sort. La dernière partie propose une échappée vers un futur onirique. Nous sommes dans la tête d’une truie qui s’échappe d’une maternité dans laquelle elle mettait bas à des bébés humains. C’est l’histoire de sa fuite vers la forêt – et c’est l’histoire de la réconciliation des trois histoires où bêtes et hommes se cherchent une raison d’être, au milieu des flux technologiques et la montée du transhumanisme.
Quitte à inventer une nouvelle espèce?

Note d’intention

En juillet 2016, j’ai été invitée à participer à la résidence de l’Obrador d’Estiu de la Sala Beckett de Barcelone. Dans ce cadre, j’ai dû répondre à la commande d’un texte court autour de la thématique du pouvoir. De là est née la première partie de Pig Boy 1986-2358 et l’envie de déplier une colère naissante dans un texte plus ambitieux.
Cette colère, d’où vient-elle? De mes racines. Je suis petite-fille d’agriculteurs bretons. Et si mes grands-parents sont aujourd’hui retraités et la ferme inexploitée, il n’empêche que mon histoire familiale trouve des échos dans l’actualité récente. Depuis quelques années en effet, l’agriculture française traverse une crise sans précédent. Le cours du lait est en chute libre, celui du porc aussi, et chaque jour, un à deux agriculteurs mettent fin à leurs jours, dépassés par une PAC et un ministère de l’Agriculture qui les laissent exsangues, endettés et désespérés – eux qui aiment pourtant leur métier. C’est d’abord de cela dont j’ai voulu parler : de cette agriculture moderne qui dans les années 60 a connu son heure de gloire mais qui maintenant, à force de compétitivité et d’industrialisation, a fini par appauvrir ses fils de la terre (beaucoup vivent avec le RSA) et leur a donné une place moindre dans notre société. Cette maltraitance, nous la retrouvons aussi du côté des animaux d’élevage et de leur condition de vie. La société de surconsommation a engendré des bêtes malades, entassées et tuées avec peu d’égard – il s’agit de rentabiliser plutôt que prendre soin. Un même champ sémantique se dessine, du côté des hommes comme des bêtes, celui de l’oppression.
Bien des scientifiques et des géants de la Silicon Valley pensent désormais l’avenir avec une perspective transhumaniste très éloignée de la nature – de laquelle, disent-ils, nous pourrions nous émanciper. La mort est une maladie dont il faut comprendre comment guérir. Ici la bio-science a pris le pas sur l’industrie, comme avant l’industrie avait pris le pas sur les outils. Les agriculteurs – hommes premiers – deviennent les figures has-been d’un âge de pierre que les gourous modernes disent révolu. Penser les technologies et les animaux revient à penser notre identité. Notre « nature ». Notre devenir, donc.
Car à quoi bon l’agriculture si l’on peut faire de la viande synthétique? À quoi bon le cochon s’il n’est d’aucune utilité pratique, gustative? À quoi bon la vie réelle si la vie virtuelle, les NBIC (Nanotechnology, Biotechnology, Information technology and Cognitive science) peuvent constituer une nouvelle façon d’être vivant? C’est quoi, « être vivant »? Quelle est notre histoire fondatrice ? Comment un système en chasse un autre? Quelle légende s’imprimera dans les médias – et dans la future Bible ?
Ce sont toutes ces questions que j’ai souhaité soulever au travers d’un texte-gigogne qui traverse trois temps, trois registres de langues, trois réalités, trois virtualités. Ces trois histoires n’en sont en fait qu’une seule : celle d’un personnage symbolique, Pig Boy, qui lutte contre un système sélectif écrasant et tente de définir son « identité » au milieu d’un monde uniformisé et qui élimine de façon quasi eugéniste ceux qui ne correspondent pas au modèle dominant, à l’espèce dominatrice.

Cochons et hommes, même combat pour leur survie ?

Gwendoline Soublin

Née en 1987, Gwendoline Soublin se forme d’abord comme scénariste à Ciné-Sup, Nantes. Puis elle poursuit des études au Conservatoire d’Art Dramatique du 18ème à Paris. Parce qu’elle aime s’investir dans des aventures multiples elle a entre autres : animé des ateliers d’écriture, joué sur des places de village, pratiqué l’art-thérapie en tant que clown auprès de patients âgés atteints d’Alzheimer et cérébro-lésés, écrit pour le webzine Rhinocéros, chroniqué sur une radio associative de Montreuil, créé le collectif M’as-tu vu? et semé des graines de rêverie lors de voyages ou en participant à nombreux festivals de cinéma…

En 2014, elle a reçu l’aide d’Encouragements du CnT pour sa deuxième pièce, Swany Song, et en 2015 elle a été accueillie à la Chartreuse-CNES – pour y écrire une pièce jeunesse, Les Monstres, lue pendant La Belle Saison. L’été 2016, elle a fait partie de l’Obrador d’Estiu de la Sala Beckett à Barcelone pour laquelle elle a écrit un texte traduit en anglais/catalan, Pig Boy 1986-2358 (Lauréat des Journées des Auteurs de Lyon 2017 / publication par Espaces 34 en janvier 2018 / sélection par le festival tchèque Mange ta grenouille!). L’un de ses derniers textes, Vert Territoire Bleu, a été lauréat du label Jeunes Textes en Liberté (mise en espace Hakim Bah, en partenariat avec la MC93) et du comité de lecture Le Plongeoir du Glob Théâtre de Bordeaux. Elle travaille également avec des marionnettistes de l’ESNAM (Coca Life Martin 33CL / publication aux éditions Koïné en octobre 2017) et la Collective (120H / représentations à la NEF-PANTIN, Festival international de la marionnette de Charleville-Mézières…). Ce printemps 2017, elle a été en résidence au théâtre Am Stram Gram de Genève pour y écrire un texte jeunesse, Qu’on va où ?. Ses textes sont également édités par Drameducation (Une poule sur un mur et Harmonie Pilote in Tome 3 et 4).

En 2017-18, elle fera partie du projet TOTEM(s) initié par la Chartreuse-CNES où elle travaillera à l’écriture de maquettes d’opéra en partenariat avec des compositeurs européens pour les Journées d’été du festival d’Avignon 2018. Elle rejoindra également l’équipe des autrices performeuses de F3, Solenn Denis, Aurore Jacob et Julie Ménard, en résidence au 104 puis en représentations à La Loge en février 2018.

En cette rentrée 2017, elle travaille à l’écriture d’une nouvelle pièce, PUCELLE, autour de la figure de Jeanne d’Arc – mise en scène Marion Lévêque. Et est également chargée de cours aux université de Paris-Nanterre et Valence où elle donne des ateliers d’écriture.

Depuis 2015, elle est étudiante au sein du département Écrivain Dramaturge à l’E.N.S.A.T.T. de Lyon.

Autres pièces remarquées en 2018

 

AUTRES PIECES REMARQUEES
EURODRAM 2018

Au delà des quatre pièces retenues dans son palmarès 2018 et au terme d’un choix très difficile, le comité francophone souhaite également recommander ces pièces que l’ensemble des lecteurs ont vivement appréciées.

 

POINGS
Pauline Peyrade

Date d’écriture : 2015-2016
Editions Solitaires Intempestifs (novembre 2017)
Lecture au Forum des nouvelles écritures dramatiques européennes de Bruxelles
Création programmée au Préau CDR Vire (2018)
Traduction partielle en espagnol (Partie est)

Poings est un polyptique qui raconte un combat pour le ressaisissement de soi après une séparation amoureuse. La pièce travaille les motifs de la rupture et de la désorientation au cœur de la mémoire traumatique à la fois dans le fond et par la forme. Elle se compose de cinq parties, pour cinq moments de l’histoire d’amour, de la rencontre à la séparation, racontés selon le point de vue d’une femme en état de choc qui tente de trouver du sens à son histoire. Afin de rendre sensible sa perte de repères, les parties proposent chacune une forme en rupture avec les autres et sont agencées dans une chronologie bouleversée. En sous-texte, les questions de l’interdépendance, de l’aliénation, de la violence quotidienne et consentie, cet endroit trouble qui unit deux personnes qui s’aiment à couteaux tirés, mais qui s’aiment quand même.

 

TIAMAT
Ian de Toffoli

Année et lieu d’écriture : Luxembourg, 2016-2017
Année et lieu de sa création : Mars 2018, Théâtre du Centaure, Luxembourg
Comités de lecture qui l’ont recommandée : Théâtre du Centaure de Luxembourg, CDN du NEST de Thionville

Sur le seuil d’un bar de quartier, il est là. Il pousse la porte bizarrement attiré par son enseigne – un lézard. Il est le dernier client, demande qu’on lui serve encore un verre. Il dit redouter devoir rentrer chez lui, redouter la question quotidienne de sa femme sur le déroulement de sa journée, car il devrait lui répondre que, aujourd’hui, il a conclu un deal inhabituel. Il dit être avocat d’affaire, appartenir à un autre monde caché derrière les murs des grands cabinets ou des ports francs. Il dit appartenir à cette classe qui s’enrichit malgré la crise, malgré les restrictions, malgré les guerres, alors que le reste de la population s’appauvrit.

 

PUTREFIÉS
Veronika Boutinova

Pièce écrite en 2016 en résidence la villa Marguerite Yourcenar
Bourse conseil général du Nord
Finaliste prix de Guérande 2017

Putréfiés se veut un hommage aux cadavres des migrateurs pourrissant au fond des mers, elle est un mausolée offert à tous ceux qui ont risqué le pire pour tenter une vie meilleure. Putréfiés donne la parole à ces voyageurs invisibles, dont nous ne pouvons que deviner l’agonie, tandis que nos dirigeants se demandent s’ils peuvent les accueillir.
Sous l’égide d’Archimède de Syracuse qui traverse l’espace-temps pour évoquer ses découvertes scientifiques aquatiques, la pièce de Veronika Boutinova est avant tout une fable poétisée, celle de la jeune Magda qui entend par le biais de sa chevelure immense flottant dans la Manche les voix des migrateurs noyés dans les mers européennes. Une voix précisément réclame la jeune bénévole calaisienne, celle d’un homme qui flotte en Méditerranée, qu’elle décide de retrouver. Magda et son frère Baptiste, enfin enclin à l’engagement actif, parviennent à Lesbos, où ils aideront les volontaires à sauver les naufragés ou à réconforter les rescapés. Ils découvriront que la voix du noyé qui hante Magda est celle d’un Syrien mort, flottant au-dessus des corps de sa femme et de sa fillette, soucieux d’être déposé dans le fond de la mer pour les retrouver.

 

NO BORDER
Nadège Prugnard

Pièce écrite entre 2015 et 2017 notamment dans La Jungle de Calais
Résidences d’écritures : Le Channel à Calais, La Comédie de Béthune, La Chartreuse
Publication en cours et négociation avec les éditions Al Dante
Plusieurs lectures publiques et mises en espace à Villeneuve lez- Avignon, Béthune, Montluçon, Clermont-Ferrand, Paris, Marseille ….)
Création en novembre 2018 par la cie HVDZ dirigée par Guy Alloucherie

No Border est un texte inspiré d’un travail d’écriture de terrain que j’ai mené pendant deux ans à arpenter la « Jungle » de Calais à la rencontre des exilé(e)s hommes et femmes qui fuient la guerre et la dictature dans leurs pays et qui espèrent trouver asile en Europe. No Border est un poème ininterrompu, pensé pour 1 ou 15 ou X (acteurs chanteurs danseurs et circassiens), un monologue pluriel et haletant imaginé comme la flamme fragile que se passe de main en main les coureurs de marathon.

 

L’ATOME
JULIEN AVRIL

Pièce écrite à Paris entre 2011 et 2014.
Création à Toulon, novembre 2017
Reprise au Théâtre de Belleville du 6 au 10 décembre 2017
Lauréate de l’aide à la création pour les dramaturgies plurielles d’ARTCENA.

Dans un espace entre bunker, laboratoire et squat d’artistes, quatre personnes se documentent, s’interrogent et représentent les liens entre l’humanité et la radioactivité. Tchernobyl, l’atelier des Curie, le bombardier Enola Gay, le village de Plogoff sont tour à tour leur terrain de jeu et de questionnement. En présentant des documents tels quels ou élaborés de manière poétique et théâtrale, ils invitent le public à entrer en réaction avec cette matière instable, explosive et controversée.

 

BERLIN SEQUENZ
Manuel A Pereira

Editions Espace 34 (2017)
avec le soutien du centre Wallonie-Bruxelles

Jeunes berlinois contestataires, ils refusent de demeurer les spectateurs du monde et mènent des actions solidaires pour devenir les acteurs de sa transformation. Mais chez certains d’entre eux, la révolte pousse à des extrémités que le collectif voudrait éviter. D’un côté ceux qu’on rangerait dans le camp alter-écolo et de l’autre ceux qui sont proches du black block ou du comité invisible français. Opposition entre des « révolutionnaires » pragmatiques et un peu embourgeoisés et Jan plus romantique, théorique et entier jusque dans ses contradictions.

 

UN DEMOCRATE
Julie Timmerman

Ecriture 2015-2017 à Paris
Lectures à la Maison des Métallos en novembre 2015, à Confluences en mars 2016 et au Rond-Point dans le cadre de la Piste d’envol en avril 2016.
Recommandation A Mots Découverts, Comité de lecture du Théâtre du Rond-Point
Création en 2016 au centre culturel Aragon Triolet d’Orly

Eddie vend du savon, des pianos, des cigarettes. Non, il ne vend pas : il fait en sorte que les gens achètent. Eddie est américain, neveu de Freud et inventeur des Relations Publiques – une méthode de manipulation des masses sans précédent. Il fait fortune quand partout c’est la crise, organise des coups d’Etat et conseille les puissants, ses ouvrages inspirent même la propagande nazie… mais Eddie se proclame toujours démocrate. Que reste-t-il de la Démocratie à l’ère du Big Data et de l’hyper-communication ?

 

ARTHUR ET IBRAHIM
Amine Adjina

Texte écrit en 2017
Lauréat de la bourse Beaumarchais – SACD 2017.
Création au Tarmac en janvier 2018 et tournée jusqu’en avril
Editions Actes Sud Papier 2018.

Pour satisfaire aux souffrances et angoisses de son père, persuadé de ne pas être aimé par les français, le jeune Ibrahim arrête de jouer avec son copain Arthur parce qu’il n’est pas arabe. Arthur ne comprend pas cette décision et refuse cet état de fait. Alors, tous deux imaginent une chose folle : la transformation d’Arthur en arabe.

 

GENS DU PAYS
Marc-Antoine Cyr

Pièce écrite en 2016-2017 à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon
Bourse d’écriture du Centre National du Livre en 2016.
Finaliste du prix Laurent Terzieff du Théâtre Lucernaire en 2017.
Lectures publiques par la cie Épaulé-Jeté à l’Espace Renaudie d’Aubervilliers, au Théâtre de la Huchette et au Théâtre Lucernaire à Paris.

Un garçon coincé dans un bureau de police. Retrouvé paumé dans la rue sans papiers, sans argent sur lui. Refusant de jouer le jeu. Ce même garçon dans sa classe. – Son professeur veut qu’il parle de lui, de sa France à lui, de son pays d’origine. Mais lui, il vient du coin de la rue. Refusant de jouer le jeu. Déchiré entre ce qu’il est, ce qu’il voudrait être et ce qu’on voudrait qu’il soit, Martin Martin cherche sa voie.

Assemblée Générale à Lisbonne 2017

L’Hôtel Sana Lisboa se dresse à la manière d’une haute forteresse de luxe non loin de la place Marquis de Pombal. De ma fenêtre au neuvième étage, je regarde pour la dernière fois la ville hérissée de grues et le Tage, enveloppé d’un léger voile de brume, tout au fond du vallon découpé dans les collines de Lisbonne par le quartier de la Baixa. De part et d’autre, sur ses hauteurs, la cité se déploie avec ses beaux immeubles anciens et ses églises baroques, ses quartiers pittoresques… A gauche, en dépit de la distance, on distingue parfaite- ment les remparts du Castelo et les drapeaux qui flottent au dessus de ses créneaux. A leur pied, se situe le Théâtre Taborda qu’on cherche vainement du regard pour un dernier salut.

Trois jours se sont passés depuis notre arrivée pour cette quatrième assemblée du réseau Eurodram et comme les précédentes années, la question demeure de savoir comment les raconter en respectant un minimum la studieuse réalité de nos réunions, tout en se laissant guider par la pénétrante poésie de son lieu de résidence. Et à vrai dire, sous cette lumière matinale, on se sent davantage porté par l’esprit de vagabondage, par le parfum si particulier de la capitale portugaise.

Alors, bien évidemment, on ne pourra pas éviter d’évoquer le quartier d’Alfama et ses venelles en pente rapide, aux pavés si usés qu’ils en précipitent la descente. Un ascenseur public permet de s’épargner cet éventuel périple, lorsqu’au terme d’hasardeuses divagations, on parvient à le repérer, au grand soulagement de ses jambes.

Dans un rapide tour d’horizon des images imposées, on ne ne pourra pas non plus éviter de mentionner les célèbres tramways rouges ou jaunes qui ferraillent dans les ruelles tortueuses, suspendus à leur perche comme de funambules araignées. A chacune de leurs fenêtres, se découpent les visages de visiteurs réjouis dont le parfait alignement évoque malicieusement un théâtre de marionnettes. A leur trafic, s’ajoute celui des taxis noirs et verts et la longue procession des tricycles, homologues lisboetes des touk-touks asiatiques, qui sillonnent en grand nombre le dédale historique des quartiers populaires en quête d’émotions touristiques et de découvertes programmées. Ils longent en silence les façades délabrées de vieilles habitations couvertes d’azuleiros en partie décollés et de balcons en fer forgé qui

commencent à rouiller. Des graffitis et autres tags envahissent ça et là les ruines d’anciennes bâtisses déshabillées de leurs toitures et d’une partie de leurs huisseries.

Pour la mémoire, on évoquera quelques édifices remarquables qu’on ne prendra pas le temps de visiter ou les mosaïques de pavés, sobrement noirs et blancs, qui ornent les trottoirs et les parvis des places et dont le miroitement lustré fait penser qu’il a plu quand la nuit est tombée. Et puis, pour les gourmands, on mentionnera enfin les restaurants de poissons grillés, les iconiques sardines, les morues cuisinées à toutes les sauces du Portugal ou encore les pasteis de natas, ces tartelettes à la crème qui font figure de véritables spécialités pâtissières de la ville. A Lisbonne, c’est acquis, on monte et on descend et on use ses semelles. Mais au terme de sa déambulation une seule question s’impose : comment ne pas aimer Lisbonne ?

La même question se pose concernant le Théâtre Taborda. Comment ne pas aimer ce théâtre incroyable perché sur quatre étages juste avec ses larges baies vitrées qui s’ouvrent, tant au niveau du bar qu’a ceux des salles de réunion, sur un panorama imprévisible de la vieille ville ? Comment, dans le même esprit, ne pas apprécier l’accueil qui nous est fait par Maria et Carolina? Comment ne pas se réjouir de se retrouver une nouvelle fois après Pristina, Sofia et Istambul et de constater que les choses avancent dans la bonne direction ? Que toutes ces énergies patiemment associées sont en train de construire un véritable réseau au dessus des frontières et cela sans moyens ou presque, en dehors de la mainmise des institutions ?

Jeudi 21 septembre

Mais revenons trois jours plus tôt. Tout commence jeudi dernier dans un Aérobus en compagnie de Jeton, le coordinateur du comité albanais. Le hasard a voulu que nous prenions le même avion et l’amitié que nous choisissions de poursuivre le chemin ensemble. Nous sommes donc dans l’Aérobus, la navette aéroportuaire de Lisbonne, et découvrons un paysage urbain moderne qui n’a rien de commun avec les images de la ville précédemment décrites. Il est près de 17h et d’évidence, nous serons en retard à la première réunion de l’AG. Avant de nous y rendre, il nous faut dénicher l’hôtel, régler les formalités hôtelières, déposer nos valises et arrêter un taxi avec l’aide d’un souriant portier. Taxi qui nous emmène dans un labyrinthe de ruelles plus ou moins escarpées et nous dépose, un peu perdus, devant la porte d’un bâtiment qui au premier regard, ne ressemble guère à un théâtre.

La réunion est commencée depuis un bon bout de temps et c’est l’heure de la pose. Laquelle a fait descendre toute l’assemblée de deux étages, au bar. Thé, café, pâtisseries, fauteuils en rotin, terrasse pour les fumeurs et échanges de salutations. Ce plaisir simple des accolades et des sourires de bienvenue. Il y a là Dominique, bien sûr, le coordinateur général, nos hôtesses portugaises Maria et Carolina et les représentants de plusieurs comités que je crains de ne pas pouvoir tous nommer : Wolfgang, Nicole, Henning du comité allemand, Frédéric du comité italien, Hakan notre hôte à Istanbul, Andreas du comité grec, Lilach et Nohar du comité hébreu, Sarah du comité anglais, Gergana et Vasilena du comité bulgare, Amin du comité arabe et Tiana, la nouvelle coordinatrice du comité BCMS… j’en oublie sans doute. Il ne semble manquer qu’Ulrike et Anna qui nous rejoindront plus tard.

La pose étant finie, nous nous retrouvons dans la salle de réunion, pièce vaste et lumineuse, où se poursuit la réunion. L’objectif est de présenter rapidement la dernière sélection de trois pièces effectuée par chaque comité. Chacun dispose de cinq minutes pour s’acquitter de cette tâche qui se double par ailleurs d’un document écrit. Mais le but est également de faire part de sa démarche, de ses éventuels critères de choix et des difficultés de réunir les textes quand ces difficultés se présentent. Alors, il peut se produire que les cinq minutes soient dé- passées ou que des questions émergent… Néanmoins la réunion ne s’éternise pas car le pro- gramme de la soirée impose le respect des horaires.

Il y a tout d’abord un repas de bienvenue organisé au bar sous forme de buffet. Occasion de bavarder avec quelques amis de choses plus ou moins importantes et d’apprécier, plus que nécessaire, le vin blanc portugais, tout en se laissant happer à travers les fenêtres par le panorama urbain où il reste difficile de repérer notre chemin. Cette aimable collation se pour- suit par une lecture publique dans un auditorium à l’étage supérieur. Trois actrices dont Ma- ria proposent de faire entendre Cindirella, une pièce bulgare de Gergana traduite en portugais. L’exercice de l’écoute est assez délicat mais l’énergie des trois lectrices communique une certaine émotion d’autant qu’elles se sont équipées de plusieurs accessoires pour rendre la lecture ludique et que régulièrement, elles se lèvent de leur table pour présenter à l’auditoire des photos de personnalités féminines. La musique de la langue est plaisante à l’oreille. Et à défaut de comprendre réellement quelque chose, on se laisse agréablement séduire, sans ennui ni regret.

Après la lecture, nous attendons un taxi pour rentrer à l’hôtel quand un jeune homme s’adresse à nous en français: « Vous avez compris quelque chose ? » Notre réponse ne le surprend pas et une discussion s’engage. Ce garçon d’origine ukrainienne est étudiant à l’université de Lisbonne où il prépare un master de traduction. Il a vécu de longues années de son enfance en Angola où il a poursuivi ses études au lycée français, d’où sa connaissance des trois langues. Disposant du véhicule paternel, il nous propose aimablement de nous reconduire à l’hôtel. Et il nous offre, pour l’occasion, notre première promenade nocturne à Lisbonne avec l’assistance de son GPS.

Vendredi 22 septembre

Une longue journée de travail nous attend et nous nous sommes levés de bonne heure. Dans la salle de petit déjeuner, au deuxième sous-sol de l’hôtel, les coordinateurs Eurodram se sont répartis autour de deux ou trois tables et les conversations ne sont pas toutes professionnelles. La salle de restaurant envahie de touristes en short et tenues d’été, le ballet incessant des serveurs et les comestibles disponibles dans les vitrines réfrigérées invitent à se ménager un court instant de détente.

Histoire de s’aérer et de bénéficier du paysage urbain, nous décidons avec Frederic de nous rendre au théâtre à pied. Une bonne demie heure de marche en empruntant sur toute sa longueur l’Avenue de la Liberté.

Sur la place des Restauradores, nous retrouvons Henning qui sort d’une station de métro et en sa compagnie, nous rejoignons au jugé une des ruelles en escaliers qui grimpent vers le Castelo. A pied, l’itinéraire me semble beaucoup plus simple que ceux empruntés la veille et qui m’avaient désorienté.

La première rencontre de la matinée, programmée à 10 heures, a lieu dans la même salle de réunion. Il s’agit à présent de parler davantage du fonctionnement de chaque comité, de ce qu’il a pu faire ou non, de ses difficultés diverses, de ses projets, de ses attentes… Inventaire nécessaire qui s’achève par une longue discussion sur les obligations de chacun et sur les possibilités d’entre-aide via le réseau.

Pause déjeuner tardive. Wolfgang a déniché un petit restaurant dans le Barrio Alto, à environ vingt minutes de marche et propose de nous y conduire. Il nous vend si bien son affaire que, Frédéric et moi, sommes tentés de le suivre malgré le peu de temps dont nous disposons. Nous ne le regrettons pas. L’établissement est un de ces bistrots sans prétention gastronomique, fréquentés uniquement par des travailleurs du quartier et la cuisine s’y montre aussi généreuse qu’authentique. Et le rapport qualité-prix est largement indiscutable, tout comme l’est notre dépaysement. L’estomac plein, c’est d’un bon pas que nous remontons jusqu’au théâtre et l’ascenseur public s’avère le bienvenu.

Les échanges se poursuivent durant l’après midi jusqu’à environ 19h car la salle doit être libérée pour une nouvelle lecture publique. Ecourtés, ils n’en sont pas moins productifs et portent principalement sur les moyens de dynamiser et d’étendre le réseau: créer de nouveaux comités, favoriser les échanges et les traductions, concerner davantage les comités en sommeil…

Toutes ces discussions en anglais ont largement entamé ma capacité d’écoute et avec Viviane qui m’attend au bar du théâtre, je décide de m’éclipser pour aller marcher jusqu’au Tage et flâner dans le quartier de la Baixa au risque d’être alpagué par un rabatteur de restaurant. Et c’est effectivement ce qui se produit.

Retour à pied à l’hôtel, dans la nuit tiède de Lisbonne. Sur la place Rossio, un défilé de mode se prépare au bord de la fontaine et de ses belles statues éclairées et Le Roi Lear est à l’affiche du Théâtre National Dona Maria.

Samedi 23 septembre

Au cours d’un bref échange avec Dominique et Ulrike dans un petit bistrot juste en face du théâtre, je les informe de mon intention de ne pas participer à la réunion de la matinée consacrée aux histoires de budget, afin de discuter en tête à tête avec Amin qui semble un peu perdu dans l’organisation de son comité arabe. Amin accepte l’invitation et nous nous retrouvons au bar. Nous essayons de voir ensemble comment je peux l’aider, préciser certains points et même ouvrir des pistes pour essayer de dénicher des textes arabophones. Sa principale difficulté étant liée au fait que nombre des auteurs maghrébins continuent à écrire en français pour s’assurer une plus large écoute et pour déjouer la censure, fréquente dans leur pays. C’est une conversation sereine et franche, soulagée des tensions qui ne manquent pas de s’exprimer lors des échanges collectifs.

Cette fois, la pause du déjeuner est vraiment trop courte pour envisager de redescendre dans notre cantine ouvrière du Barrio Alto et nous sommes nombreux à jeter notre dévolu sur l’établissement le plus proche qui donne dans la cuisine bio internationale. Jus de citron et taboulé chaud, service au ralentis, ambiance confinée et néanmoins détendue. Rien à voir avec l’animation travailleuse de la veille.

La dernière séance de l’après-midi est porte sur l’organisation de la prochaine assemblée générale, laquelle devra se tenir à Tel Aviv à l’invitation de Lillah et du comité hébreu. Avant la tenue d’un débat, en portugais et en anglais, au sujet de la traduction théâtrale, ont lieu les traditionnelles séances de photo sur la terrasse. Et les sourires témoignent de la satis- faction générale et du constat effectué par chacun des progrès du réseau Eurodram.

Petite vadrouille dans le quartier, histoire de collecter quelques images pour alimenter cette chronique. L’air frais de la fin de journée s’écoule sous les arbres qui bordent les hauts murs du château et les terrasses en belvédère profitent des derniers rayons de soleil tandis que toutes les langues se mêlent dans l’ivresse toute relative d’un verre de Vino verde ou d’une bière locale. Tout en bas, sur le Tage, un paquebot de croisière jette un appel de corne de brume pour inviter ses passagers à rejoindre le bord. Une assiette de morue grillée au restau-rant du Chapitô avec panorama romantique et soleil couchant sur le Tage conclue cette échappée touristique.

La journée se poursuit avec la représentation du spectacle Ella diz proposé par le Teatro da garagem. Un dialogue décisif entre une mère et sa fille, dont les surtitres en anglais traduisent l’âpreté et le caractère métaphysique sur fonds de mort maternelle. On pense à Nathalie Sarraute, allez savoir pourquoi. Mais plus souvent à Marguerite Duras en raison de la répétition de la mention « Elle dit » ajoutée aux répliques.

Le retour à l’hôtel se fera de nouveau à pied, en compagnie de Sarah, la coordinatrice anglaise.

Eurodram-Hauptversammlung in Lissabon 2017

Das Hotel Sana Lisboa erhebt sich nicht weit vom Platz Marquis wie eine hohe Luxusfestung . Von meinem Fenster in der neunten Etage schaue ich zum letzten Mal über die Stadt im Stadteil Baixa mit den zahlreichen Baukränen und dem Tejo, über dem am Grunde des Tales, das er in die Hügel Lissabons geschnitten hat, ein leichter Dunstschleier liegt. Beiderseits entfaltet sich auf den Höhen die Stadt mit ihren schönen, alten Wohnhäusern, ihren barocken Kirchen und den pittoresken Stadtvierteln… Links kann man trotz der Entfernung genau die Wehrmauern des Kastells und die über seinen Zinnen wehenden Fahnen erkennen. An seinem Fuße liegt das Theater Taborda, das der Blick vergeblich für einen letzten Gruß sucht.

Drei Tage sind seit unserem Eintreffen zu dieser vierten Hauptversammlung des Eurodram-Netzwerkes vergangen und wie in den Jahren zuvor stellt sich die Frage, wie man von ihnen erzählen soll, wenn man mit einem Mindestmaß an Realismus den fleißigen Ernst unserer Treffen wiedergeben und sich gleichzeitig von der durchdringenden Poesie des Ortes leiten lassen will. Im frühen Morgenlicht fühlt man sich, ehrlich gesagt, eher vom vagabundierenden Geist, vom unverwechselbaren Parfum der portugiesischen Hauptstadt bestimmt. Man kommt also nicht umhin, vom Alfama-Viertel und seinen steil abfallenden Gässchen zu sprechen, vom glattgelaufenen Pflaster, das dem Abstieg Geschwindigkeit verleiht. Ein öffentlicher Fahrstuhl, den man nach zufälligem Herumstreifen endlich entdeckt, kann den langen, gewundenen Aufstiegsweg verkürzen. Die Beine danken es.

Wenn man all die Bilder, die sich einstellen, an sich vorbeiziehen lässt, muss man unbedingt auch von den berühmten roten oder gelben Straßenbahnen sprechen, die wie seiltänzerische Spinnen an ihren Stromabnehmern hängen und sich auf ihren Schienen durch die geschlungenen Gassen mühen. Jedes ihrer Fenster gibt dem frohen Gesicht eines Besuchers einen Rahmen, stellt ihn in perfekter Reihe neben den nächsten und schalkhaft entsteht das Bild eines Marionettentheaters. Das Verkehrsbild bestimmen auch schwarz-grüne Taxis und in langer Prozession Dreiräder, Lissaboner Verwandte der asiatischen Tuk-tuks, die auf der Suche nach touristischen Emotionen und vorprogrammierten Entdeckungen in großer Zahl durch das Labyrint der volkstümlichen Viertel streifen. Still fahren sie an heruntergekommenen Fassaden alter Wohnhäuser vorbei, deren Azuleiros sich zum Teil schon lösen und deren schmiedeeiserne Balkongeländer schon Rost angesetzt haben. Graffitis und Tags machen sich auf dachlosen Ruinen alter Gebäude ohne Türrahmen breit.

In Erinnerung sind aber auch beeindruckende Bauwerke, die zu besichtigen die Zeit fehlt, oder das nüchtern weiß-schwarze Mosaik des Pflasters, das Gehsteige und Plätze schmückt und dessen spiegelnder Glanz bei Einbruch der Nacht den Eindruck erweckt, es hätte geregnet. Für die Liebhaber guter Küche sei auch an die Fischrestaurants erinnert, an gegrillten Fisch, die legendären Sardinen, den mit allen Saucen Portugals marinierten Kabeljau oder an die Pasteis de natas, jene Cremetörtchen, echte Spezialitäten einer jeden Konditorei der Stadt. In Lissabon, das steht fest, steigt man hoch oder man steigt runter und man läuft sich die Sohlen ab. Aber am Ende einer solchen Wanderung drängt sich nur eine Frage auf: Wie sollte man Lissabon nicht lieben?

Dieselbe Frage stellt sich auch für das Theater Taborda. Wie sollte man dieses unglaubliche Theater hoch am Hang nicht lieben, dessen Glasfronten sich über vier Etagen auf den Ebenen der Cafeteria und der Versammlungssäle auf das unerwartete Panorama der Altstadt hin öffnen? Wie nicht den Empfang genießen, den Maria und Carolina uns bereiten? Nach Pristina, Sofia und Istanbul freuen wir uns über das Wiedersehen und darüber, dass die Dinge sich gut entwickeln. Dass die geduldig zusammengeführten Energien (fast) ohne äußere finanzielle Unterstützung und unabhängig von den Institutionen ein wirkliches Netzwerk über die Grenzen hinweg aufbauen.
Donnerstag, 21. September

Gehen wir drei Tage zurück. Alles fängt im Aerobus an, ich treffe Jeton, den Koordinator des albanischen Komitees. Der Zufall wollte, dass wir im selben Flugzeug saßen und die Freundschaft, dass wir den weiteren Weg zusammen zurücklegten. Wir sind also im Aerobus, dem Flughafenshuttle, und entdecken ein modernes Stadtbild, das nichts mit den oben beschriebenen Bildern zu tun hat. Es ist beinahe 17 Uhr und wir werden wohl zu spät beim ersten Treffen der Hauptversammlung eintreffen. Vorher müssen wir ja noch das Hotel ausfindig machen, die Hotelformalitäten erledigen, unsere Koffer abstellen und mit Hilfe eines freundlichen Portiers ein Taxi finden. Dies nimmt uns durch ein mehr oder weniger steiles Straßenlabyrint mit, setzt uns ab und nun stehen wir etwas verloren vor der Tür eines Gebäudes, das auf den ersten Blick nicht wie ein Theater aussieht.

Die Versammlung hat vor geraumer Zeit begonnen und jetzt ist gerade Pause. Deshalb haben sich alle Teilnehmer in die zwei Etagen tiefer gelegene Cafeteria begeben. Tee, Kaffee, Gebäck, Korbsessel, Raucherterrasse und Begrüßungen. Die einfache Freude des Sich-in-den-Arm-Nehmens und des Begrüßungslächelns. Dominique ist natürlich da, der Koordinator des Gesamtnetzwerks, unsere portugiesischen Gastgeberinnen Maria und Caroline und die Vertreter mehrerer Sprachenkomitees, die ich vielleicht nicht alle aufzählen kann: Wolfgang, Nicole und Henning vom deutschsprachigen Komitee, Frédéric vom italienischen, Hakan, unser Gastgeber des letzten Jahres in Istanbul, Lilach und Nohar vom hebräischen Komitee, Sarah vom englischen, Gergana und Vasilena vom bulgarischen, Amin vom arabischen und Tiana, die neue Koordinatorin des BCMS-Komitees… bestimmt habe ich jemanden vergessen. Nur Ulrike und Anna scheinen zu fehlen, sie kommen später.

Nach der Pause wird die Versammlung im großen und hellen Versammlungsraum fortgesetzt. Es geht darum, in knapper Form die in jedem Komitee gewählten drei Stücke des letzten Durchgangs vorzustellen. Jedes Komitee hat dafür fünf Minuten Zeit, es gibt zudem eine schriftliche Zusammenfassung. Auch die Auswahlmethoden sollen beschrieben, die Kriterien und eventuellen Schwierigkeiten erläutert werden. Natürlich reichen manchmal die fünf Minuten nicht oder es kommen auch Fragen auf… Dennoch zieht sich die Versammlung nicht in die Länge, denn das Abendprogramm zwingt zur Einhaltung der Zeiten.

Zunächst erwartet uns ein Willkommensbuffet in der Cafeteria. Hier kann man mit Freunden über mehr oder weniger wichtige Themen plaudern, vielleicht mehr als nötig den portugiesischen Weißwein genießen und sich durch die Fenster vom Stadtpanorama verzaubern lassen, in dem wir trotz Anstrengung unseren Weg hierher nicht sicher ausmachen können. Dann folgt in einem Saal der oberen Etage eine öffentliche Lesung. Drei Schauspielerinnen, darunter Maria, stellen Cindirella vor, ein bulgarisches Stück von Gergana in der portugiesischen Übersetzung. Es fällt nicht leicht, dem fremden Sprachfluss zu folgen, aber die Energie der drei Vorleserinnen vermittelt Emotionen, zumal sie einige Requisiten einsetzen, die der Lesung einen spielerischen Charakter verleihen und auch vom Tisch aufstehen und dem Publikum Fotos von Frauengestalten zeigen. Die Sprachmelodie tut dem Ohr gut. Und obwohl man nicht wirklich etwas versteht, lässt man sich ohne Langeweile oder Bedauern gerne verführen.

Nach der Lektüre warten wir auf ein Taxi, das uns zum Hotel bringen soll, und da spricht uns ein junger Mann auf Französisch an: „Haben Sie etwas verstanden?“ Unsere Antwort überrascht ihn nicht und wir kommen ins Gespräch. Der junge Mann aus der Ukraine bereitet sich an der Lissaboner Universität auf seine Masterprüfung als Übersetzer vor. Lange Jahre seiner Kindheit hat er in Angola verbracht und hat dort dort das französische Gymnasium besucht, daher seine Kenntnis der drei Sprachen. Da er mit dem Auto des Vaters hierhergekommen ist, schlägt er uns freundlich vor, uns zum Hotel zurückzufahren. Und so erleben wir mit Hilfe seines Navis unsere erste nächtliche Spazierfahrt durch Lissabon.

 

Freitag, 22. September

Wir sind früh aufgestanden, uns erwartet ein langer Arbeitstag. Im Frühstücksraum im zweiten Untergeschoss des Hotels haben sich die Eurodram-KoordinatorInnen an zwei oder drei Tischen eingefunden und nicht alle Gespräche sind rein professioneller Art. Der Raum ist überfüllt mit Touristen in Shorts und Sommerkleidung, das ständige Hin und Her der Kellner und das vielfältige Angebot in den gekühlten Vitrinen laden ein, uns einen kurzen Augenblick der Entspannung zu gönnen.

Weil wir ein bisschen Luft schnappen und die Stadt erfahren wollen, beschließen Frédéric und ich, zu Fuß zum Theater zu gehen. Eine gute halbe Stunde Gehzeit, wir gehen die Avenue de la Liberté in ihrer ganzen Länge hinunter.

Auf dem Platz des Restauradores treffen wir Henning und seine Frau, die gerade aus einer Metrostation kommen. Aufs Geratewohl biegen wir in eines der kleinen Treppengässchen, die zum Castelo hochführen. Dieses Mal erscheint mir der Fußweg sehr viel einfacher als der von gestern, bei dem ich ganz die Orientierung verloren hatte.

Das erste Treffen am Morgen um 10 Uhr findet wieder im Raum von gestern statt. Heute geht es darum, wie die einzelnen Komitees arbeiten, was erreicht wurde und was nicht, um unterschiedliche Probleme, um Projekte und Erwartungen. Eine notwendige Bestandsaufnahme. Sie mündet in eine lange Diskussion darüber, was jedes Komitee tun muss und um die Möglichkeiten, sich im Netzwerk gegenseitig zu helfen.

Verspätete Mittagspause. Wolfgang hat ein kleines Restaurant im Barrio Alto ungefähr zwanzig Minuten zu Fuß vom Theater entdeckt und schlägt uns vor, uns hinzuführen. Er erklärt es uns so überzeugend, dass Frédéric und ich Lust haben, mitzugehen, obwohl wir wenig Zeit haben. Wir bedauern es nicht. Die Gaststätte ist eines jener unaufdringlichen Speiselokale, in dem nur Bewohner des Viertels, Arbeiter und Angestellte essen, und das Angebot ist reichhaltig und authentisch. Das Preis-Leistungsverhältnis ist unschlagbar günstig und hier spüren wir wirklich, dass wir in einem anderen Land sind. Mit vollem Bauch marschieren wir zügig zum Theater zurück und dieses Mal ist der öffentliche Aufzug sehr willkommen.

Den ganzen Nachmittag setzen wir den Meinungsaustausch fort, aber wir wissen, dass wir den Raum um 19 Uhr für eine weitere Lesung verlassen müssen. Wir fassen uns kürzer, sind aber nicht weniger produktiv. Es geht hauptsächlich darum, wie wir das Netzwerk effektiver gestalten und ausweiten können: neue Komitees bilden, Austausch und Übersetzungen fördern, sich mehr um die weniger aktiven Komitees kümmern…

Meine Fähigkeit, all den Diskussionen auf Englisch aufmerksam zu folgen, sind jetzt doch stark in Mitleidenschaft gezogen und Viviane, die mich in der Cafeteria am Tresen erwartet, und ich beschließen, den Abend für uns zu nutzen und am Tejo entlangzuspazieren, auch wenn uns dort vielleicht einer der Werber für ein Restaurant abfängt. Und genau dies geschieht auch.

In der milden Nacht Lissabons gehen wir zurück zum Hotel. Auf dem Platz Rossio wird vor der Quelle und den schönen, beleuchteten Satuen eine Modenschau aufgebaut und am Teatro National Dona Maria kündigt ein Plakat die Aufführung von König Lear an.

Samstag, 23. September

Bei einem kurzen Gespräch in einem kleinen Bistrot gegenüber dem Theater sage ich Dominique und Ulrike, dass ich an der Besprechung am Morgen über Finanzangelegenheiten nicht teilnehmen werde, weil ich unter vier Augen mit Amin sprechen möchte, der bei der Organisation seines arabischen Komitees einige Schwierigkeiten bewältigen muss. Amin nimmt die Einladung an und wir treffen uns in der Cafeteria. Wir versuchen herauszufinden, wie ich ihm helfen kann, wie wir in einigen Punkten Klarheit bekommen können und ich sogar versuchen könnte, arabischsprachige Texte zu finden. Die Hauptschwierigkeit liegt darin, dass viele Autoren aus dem Maghreb immer noch in französischer Sprache schreiben um ein größeres Publikum zu erreichen und die Zensur zu umgehen, die in ihren Ländern häufig eine Behinderung darstellt. Unser Gespräch ist offen und heiter, man spürt nicht die Spannungen, die immer wieder bei der generellen Aussprache auftreten.
Dieses Mal ist die Mittagspause wirklich zu kurz, um noch einmal in unserer Arbeiterkantine im Barrio Alto zu Mittag zu essen und viele von uns entscheiden sich für das nächstgelegene Restaurant mit internationaler Bioküche. Zitronensaft und heißes Tabulé, Bedienung in Zeitlupe, etwas zurückhaltende, aber doch entspannte Stimmung. Ganz anders als die geschäftige Belebtheit des Vortages.

Die letzte Arbeitssitzung am Nachmittag befasst sich mit der nächsten Hauptversammlung, die auf Einladung von Lillah und dem hebräischen Komitee in Tel Aviv stattfinden soll. Und dann, vor einem Vortrag auf portugiesisch und englisch über Theaterübersetzung, der traditionelle Fototermin auf der Terrasse. Das Lächeln und die Gesichter spiegeln die allgemeine Zufriedenheit und die Freude der Mitglieder über die Fortschritte des Eurodram-Netzwerkes.

Dann schlendere ich noch einmal durch das Viertel um noch einige Bilder für diese Chronik einzufangen. Die frische Luft des anbrechenden Abends weht unter den Bäumen an den hohen Burgmauern und den Kaffeeaussichtsterrassen in den milden Strahlen der untergehenden Sonne und alle Sprachen vermischen sich in der Trunkenheit entweder eines Vino verde oder einer lokalen Biermarke. Unten auf dem Tejo ertönt das Nebelhorn eines Kreuzfahrtschiffes und ruft seine Passagiere zurück an Bord. Unser kleine Touristenrunde findet ihr Ende vor einem Teller mit gegrilltem Kabeljau bei romatischem Sonnenuntergangspanorama im Restaurant Chapitô.
Der Abend geht weiter mit der Aufführung des Schauspiels Ella diz durch das Teatro da Garagem. Entscheidungsdialoge zwischen Mutter und Tochter. Die Titelüberschriften beschwören eine herb metaphysische Atmosphäre vor dem Hintergrund des Todes der Mutter. Ich weiß nicht warum, aber ich muss an Nathalie Sarraute denken. Eher aber noch an Marguerite Duras wegen der Wiederholung der Einbettung „Sie sagt“ bei jeder Aussage.

Zum Hotel geht es wieder zu Fuß zurück in Begleitung Sarahs, der englischen Koordinatorin.

 

Gilles Boulan

Übersetzung: Wolfgang Barth

 

EURODRAM MODE D’EMPLOI

PRESENTATION ET MODE D’EMPLOI ★EURODRAM

LES OBJECTIFS

Eurodram est un réseau européen de traduction théâtrale. Il travaille avec les langues d’Europe, d’Asie centrale et de la Méditerranée. Son objectif principal est de faire connaître aux professionnels et aux publics du théâtre des œuvres restant majoritairement inédites, en prêtant une attention particulière à la diversité linguistique.

LES COMITES

Le réseau est organisé en une trentaine de comités linguistiques de lecture répartis par langues, soit environ 300 membres correspondants. Toute personne compétente en matière de théâtre et de traduction et désireuse de mutualiser ses ressources peut candidater pour rejoindre un comité. Cette adhésion est ratifiée selon des procédures propres à chacun des comités – en général très simples. Toute suggestion de nouveau membre est bienvenue. Le réseau tâche de favoriser l’équilibre et la représentativité des comités entre hommes / femmes, émergents / expérimentés, théoriciens / praticiens, indépendants / institutionnels, résidents locaux ou membres de la diaspora, etc. Il est souhaitable que les principaux éditeurs du théâtre local, des membres des concours nationaux de dramaturgie ou des festivals concernant la dramaturgie nationale, ainsi que des représentants des unions des dramaturges, fassent partie de chacun des comités. Chaque membre a pour mission de favoriser la collection et la circulation de textes au sein de son comité, notamment en en faisant la promotion auprès des auteurs, traducteurs, éditeurs, agents et organisations d’auteurs. Il s’engage à en collecter, en transmettre et à en lire autant que possible. Les plus disponibles et passionnés s’engagent à être capable de faire un bref retour de lecture (anonyme, via les coordinations) en cas de demande de l’auteur.

LA COORDINATION

Chaque comité est coordonné par un de ses membres, selon des modalités propres à chacun des comités. Le coordinateur doit s’assurer que les objectifs du réseau sont bien compris par les membres de son comité. Il s’efforce de collecter et de mettre en circulation le plus grand nombre de textes possibles ; de recruter de nouveaux membres, notamment parmi les traducteurs, et d’assurer un certain renouvellement du comité ; d’organiser les échanges, les réunions de préparation et les votes relatifs aux sélections. Il s’assure que les résultats soient transmis à temps à la coordination générale, accompagnés des éléments requis (biographie, résumé, extrait…). Il tâche enfin de faire la promotion de la sélection de son comité, au minimum par la rédaction et la diffusion d’un communiqué de presse, ainsi que, dans la mesure du possible, des sélections des autres comités. Les coordinateurs sont invités à participer au festival « l’Europe des théâtres » en organisant un évènement, ainsi qu’à être présent à l’assemblée générale annuelle. Si nécessaire la MEO peut accompagner le coordinateur dans sa recherche de financement pour ses frais de transport et de séjour. La coordination générale est assurée par la MEO, sans que cela ait un caractère définitif.

LES TEXTES

Les textes peuvent être proposés par tous : auteurs, traducteurs, éditeurs, agents, etc. Pour les textes originaux, les propositions doivent comporter le texte original complet, une brève biographie de l’auteur, une fiche technique (date et lieu d’écriture, nombre de personnages, références des distinctions et exploitations précédentes) ainsi que tout élément d’information complémentaire jugé intéressant. En ce qui concerne les textes originaux écrits en français, seuls peuvent être proposés les textes ayant déjà fait l’objet d’une sélection par un comité de lecture professionnel, ou encore sur recommandation d’un membre du comité français. Pour les traductions, les propositions doivent comporter la traduction intégrale ou en extrait (en général 1/5ème de l’œuvre), un résumé analytique de l’œuvre, une brève biographie de l’auteur, une fiche technique (date et lieu d’écriture, nombre de personnages, références des distinctions et exploitations précédentes) ainsi que tout élément d’information complémentaire jugé intéressant. Il est évidemment indispensable d’indiquer la langue originale et le nom du traducteur. Les propositions doivent être faites exclusivement par email en format pdf à l’adresse de la coordination du comité concerné ou à défaut à la coordination générale à l’adresse documentation@sildav.org. . Les textes sont transmis aux comités selon la langue dans laquelle est faite la proposition. Par exemple, un texte écrit en macédonien sera transmis au comité macédonien. La proposition de traduction de ce texte en lituanien sera transmise au comité lituanien. La langue du texte est la principale référence, en théorie sans distinction de la nationalité ni du lieu de résidence de l’auteur. Cependant, le réseau n’a pas vocation à traiter les textes issus de régions hors de la zone Europe / Méditerranée / Asie centrale. Quoi qu’il en soit, les propositions peuvent être étudiées au cas par cas, en liaison avec le comité concerné. Sauf exception motivée, ne sont acceptées que les oeuvres récentes. Les textes doivent être adressés directement au coordinateur du comité concerné, ou à la coordination générale en cas de besoin.

LES SELECTIONS

Chaque comité d’Eurodram établit deux sélections sur deux ans, de manière biennale donc, d’un maximum de trois textes chacune. Il ne peut pas y avoir plusieurs textes d’un même auteur dans la sélection. Il s’agit : – années paires : sélection des œuvres dramatiques de leur langue à traduire dans une autre langue européenne (ex-traduction) ; – années impaires : sélection des œuvres dramatiques d’autres langues européennes à traduire dans leur propre langue (in-traduction).

REPONSES

Par manque de moyens, les auteurs des propositions ne sont recontactés personnellement que dans le cas d’une réponse positive. Les résultats sont mis en ligne dans les semaines qui suivent la décision. Chaque auteur peut demander des retours de lecture. Il est souhaitable que ceux-ci puissent lui être transmis, de manière anonyme. Environ 300 textes circulent chaque année sur l’ensemble du réseau. Les textes soumis au comité français sont lus par une moyenne d’une dizaine de lecteurs.

LA SUITE

Ces sélections ne donnent (malheureusement) pas lieu à une rémunération. La sélection d’un texte original est une invitation aux traducteurs de sa langue à se lancer dans sa traduction. La sélection d’une traduction en extrait est une invitation au traducteur à la poursuivre. La sélection d’une traduction intégrale est une invitation aux metteurs en scènes et aux éditeurs à l’exploiter. Le réseau travaille en partenariat avec de nombreuses structures, ce qui lui permet de s’inscrire dans une dynamique de résidence d’auteurs, d’accompagnement des traducteurs et de recherches de partenariats au plan international.

Coordination générale : documentation@sildav.org

 

 

 

 

PALMARES 2017

COMITE FRANCOPHONE EURODRAM

PALMARES 2017

 

 

Le Comité francophone du réseau Eurodram s’est réuni le vendredi 10 mars à la Maison des Auteurs Sacd pour arrêter son palmarès 2016-2017 consacrée à des textes traduits. Parmi les 79 pièces reçues, ses choix se sont portés sur

ex aequo

GOOD BYE EUROPA de Davide Carnevali – traduit de l’Italien par Caroline Michel et J’APPELLE MES FRERES de Jonas Hassen Khemiri – traduit du suédois par Marianne Segol

NOTRE CLASSE de Tadeusz Slobodzianek – traduit du polonais par Cécile Bocianowski

Ces trois pièces sont donc retenues pour être recommandées aux différents acteurs de la vie théâtrale française en vue de leur production ou de leur édition s’il y a lieu

Par ailleurs, au sein de ce corpus de grande qualité générale, un certain nombre de pièces ont vivement retenu l’attention des lecteurs et méritent qu’on s’y intéresse au-delà de cette sélection réduite. Il s’agit de:

AU DÉBUT ET À LA FIN DES TEMPS de Pavlo Arie – traduit de l’ukrainien par Aleksi Nortyl et Iulia Nosar –

ANTARCTIQUE de Christina Kettering – traduit de allemand par Katharina Stalder

NERIUM PARK de Josep Maria Miro – traduit du catalan par Laurent Gallardo

TES HEROS, MES REVES de Karen Köhler – traduit de allemand par Nicole Desjardins

ANGRY BIRDS de Bassa Djanikashvili – traduit du géorgien par Gerry Clappier, Maia Kiasiashvili et Clara Schwarzenberg

COMMENT RETENIR SA RESPIRATION de Zinnie Harris – traduit de l’anglais par Blandine Pélissier

GRAINE SAUVAGE de Yannis Tsiros – traduit du grec par Cécile Inglesis Margellos

LES MONOLOGUES SYRIENS de Iman Aoun – traduit de l’arabe par Sumaya Al-Attia, Marguerite Gavillet Matar, Krystel Khoury et Marianne Weisshorn

LONDINIUM de Demian Vitanza – traduit du norvégien par Terje Sinding

 

Ces textes nous ont été proposés pour l’essentiel par leurs traducteurs. Avec leur autorisation, nous serions très heureux de vous faire suivre un de ces manuscrits si vous le désirez, ou de vous communiquer les coordonnées de leur agent ou de leur éditeur.. Pour la sélection des autres comités européens, veuillez vous rendre sur le site de la Maison d’Europe et d’Orient http://www.sildav.org/component/content/article/503

 

Good Bye Europa lost words de Davide Carnevali

  

GOOD BYE EUROPA -LOST WORDS

DAVIDE CARNEVALI

 

 

Second volet du diptyque de l’Europe

Drame politico futuriste en 7 tableaux

Titre original Good Bye Europa. Lost words

Pièce écrite en 2014 avec le soutien du Theatertreffen Berlin

Traduite de l’italien par Caroline Michel 2015

Mise en espace à La Mousson d’été en 2015 par Véronique Bellegarde.

 

La pièce

Au début du 21ème siècle, le grand projet d’une Europe unie est sérieusement remis en cause.

La crise économique des dernières années a mis à mal un certain modèle de statut social et le concept même de social-démocratie ; les nationalismes ressurgissent et le sentiment d’appartenance à une communauté est en train de se perdre. Un futur existe-t-il pour l’Union Européenne ? Et si oui, lequel? A quoi se destinent les nouvelles générations ? Quelle société leur souhaitons-nous, et que sommes-nous précisément en train de leur préparer ?

Hommes, femmes, animaux et objets sont les protagonistes de cette œuvre, où le discours perd sa fonction rationnelle et montre, au contraire, son inefficacité à décrire le monde, qui s’ouvre désormais à nos yeux comme une réalité informe. Les êtres humains prennent une dimension objective, les animaux une dimension anthropomorphique, et les objets s’animent ; la nature suit un cours aberrant, au sens étymologique du terme : elle dévie du parcours qu’elle devrait logiquement suivre, elle abandonne le droit chemin et se perd dans le chaos. Dans tout ceci, la composante linguistique joue un rôle fondamental car elle cherche elle-même à fuir cette logique, se réfugiant dans l’imaginaire ou le poétique. Le scénario est apocalyptique et on assiste à l’apocalypse du langage : la révélation de sa propre insuffisance et la manifestation de tout ce que les mots ne peuvent décrire.

Avec ce texte se referme le Diptyque de l’Europe. Sweet Home Europa était un texte sur la naissance de l’Europe. En revisitant les mythes bibliques contenus dans les livres de la Genèse et de l’Exode, ce texte parlait d’immigration et d’émigration, du choc des cultures et de la formation de l’identité, mais surtout de la peur de l’ « autre », de ce que l’on ne connaît pas. Lost Words, à l’inverse, est une œuvre sur le déclin de l’Europe. Elle va puiser dans les Evangiles et l’Apocalypse de Jean un substrat mythologique et une certaine symbolique permettant d’interpréter le lien profond entre un système de marché et une vision bien précise du monde qui se sont imposés de façon hégémonique dans la société occidentale contemporaine. Tous deux basés sur la nécessité d’attribuer une valeur (économique, linguistique) univoque et définissable à tous les éléments, dans un système stable capable d’imposer un ordre à la réalité ; et, pour cette raison même, tous deux incapables de la comprendre dans sa totalité.

Lost Words a été écrit avec le soutien du Theatertreffen Berlin, qui, dans le cadre du 35ème anniversaire du Stückemarkt, en 2013, a proposé aux auteurs invités d’écrire une œuvre courte sur le thème « Décadence et déclin de la civilisation occidentale ».

Davide Carnevali

 

 

Note de lecture

Cette pièce noire et sans compromis dresse un tableau d’un monde en perte totale de repères, désormais privé de toute éthique morale et déontologique. L’ironie violente de ce texte se niche précisément dans le fait que sa teneur surréaliste – dont l’auteur use et abuse pour le bonheur d’une théâtralité sans cesse renouvelée – résonne pourtant à nos oreilles de façon étrangement familière. On reconnaît dans cette folie où les humains ne sont plus présents au monde que pour son aspect économique, où les animaux travaillent et les objets parlent autour d’un verre, où les anges sont attachés en laisse, l’aberrante réalité dans laquelle nos existences tentent de survivre, et de faire survivre le monde ancien – symbolisé ici par le mythe biblique – sur lesquelles elles s’enracinent. En effet, les paroles de l’Apocalypse de Jean s’insinuent ça et là, comme des ruisselets de sang, comme des paroles pleines et fortes, dans la froideur de la langue de bois anglo-saxonne d’un monde politique si obnubilé par son pouvoir et par lui-même, qu’il se réduit désormais à trois êtres humains.

Par ces ruptures stylistiques, de vocabulaire, mais aussi, de langue, d’écriture – à des courtes répliques économiques et utilitaires, viennent subitement se greffer des passages lyriques emprunts de mythe pur – Davide Carnevali place le lecteur et le spectateur dans la folle schizophrénie que propose le monde contemporain, et plus particulièrement, ceux qui le dirigent. Comme dans Variations sur le modèle de Kraepelin, où le texte lui-même était Alzheimer dans sa structure dégénérative, dans Lost Words, l’Apocalypse a lieu dans sa forme et son contenu, et là encore, c’est le langage lui-même qui échoue, qui rend les armes, puisque à la fin, les objets parlants décrètent qu’ils n’ont même pas de bouche, tandis que le texte funèbre final et totalement « déréglé » dans sa forme, dénonce la perte de l’imagination.

Une pièce noire, aux lueurs caravagesques : celle du rire qui éclate au détour d’un Ours qui danse ivre, celle de la tendresse qui sur fond de cruauté et de froideur, s’illumine d’une dimension précieuse, se palpe, se sent, se ressent, et donne envie, plus que jamais, de la préserver comme une espèce menacée.

Caroline Michel

 

L’ auteur

Né à Milan en 1981, Davide Carnevali vit et travaille entre Berlin et Barcelone. Sa recherche se concentre sur des modèles de dramaturgie européenne contemporaine qui rompent avec les principes aristotéliciens de cohérence, linéarité chronologique et relation cause à effet. Parallèlement à son activité universitaire, il est également traducteur du catalan et du castillan. Il dirige également des séminaires d’écriture dramatique et de théorie du théâtre ; en 2012 il a été invité en tant que professeur à l’ Institut Universitaire National de l’Art de Buenos Aires.

Depuis 2013 il fait partie du Comité de Dramaturgie du Teatre Nacional de Catalogne; il est par ailleurs membre du conseil de rédaction de la revue catalane “Pausa” et il écrit pour différentes revues italiennes et latino-américaines sur le théâtre allemand, espagnol, catalan et argentin.

En tant que dramaturge il s’est formé avec Laura Curino en Italie, et avec Carles Batlle à la Sala Beckett et l’Institut del Teatre de Barcelone; il approfondit ensuite ses études en Espagne et en Allemagne avec Martin Crimp, Biljana Srbljanović, José Sanchis Sinisterra, Hans-Thies Lehmann, John von Düffel, Simon Stephens, Martin Heckmanns.

Avec Variations pour le modèle de Kraepelin, il a obtenu en 2009 les prix “Theatertext als Hörspiel” au Theatertreffen de Berlin et “Marisa Fabbri” au Premio Riccione pour le Théâtre, et en 2012 le “Prix des Journées de Lyon des auteurs”(pour le texte original et la traduction française).

Son texte Come fu che in Italia scoppiò la rivoluzione ma nessuno se ne accorse a reçu le “Premio Scintille” du Théâtre d’Asti en 2010 et le « Prix Borrello pour la nouvelle dramaturgie » en 2011.

Sweet Home Europa a été créé en Allemagne en 2012 dans une production de la Schauspielhaus Bochum et en version radiophonique par la Deutschlandradio Kultur. En 2013, il a été intégré parmi les 35 auteurs les plus représentés de l’histoire du Stückemarkt Theatertreffen, qui à cette occasion a commandé et subventionné l’écriture de la seconde partie du diptyque, Lost Words. La même année, son texte Portrait d’une femme arabe qui regarde la mer a reçu en Italie le Premio Riccione 2013.

Ses œuvres sont représentées dans divers festivals et saisons théâtrales internationales. Elles sont traduites en allemand, français, espagnol, catalan, anglais, estonien, polonais, roumain, grec, hongrois.

 

Pièces traduites en français :

Variations sur le modèle de Kraepelin – Editions Actes Sud papiers,

Sweet Home Europa,

Good Bye Europa, Lost words

Portrait d’une femme arabe qui regarde la mer – Editions Actes Sud papiers

L’heure de Religion

 

La traductrice

Caroline Michel est comédienne, assistante à la mise en scène et traductrice d’italien.

Elle se forme en tant que comédienne au conservatoire de Montpellier puis à l’ESAD à Paris. Elle fait ensuite des études de langue et littérature italiennes à Paris III et se spécialise dans la traduction littéraire. En 2001, elle obtient le prix italien Pier Paolo Pasolini pour son mémoire de maîtrise “Pasolini poète, problèmes de traduction”.

Elle traduit des auteurs de théâtre italiens contemporains tels que Pier Paolo Pasolini, Fausto Paravidino, Letizia Russo, Antonio Tarantino, Francesco Silvestri, Angela Dematté, Stefano Massini, Davide Carnevali, Gabriele di Luca… Plusieurs de ses traductions sont publiées chez l’Arche, Actes Sud et aux Solitaires Intempestifs.

A la demande des metteurs en scène Jean Lambert-Wild et Laurent Fréchuret, elle a réalisé de nouvelles traductions d’Orgie et Calderon de P.P.Pasolini.

Elle est membre du comité italien de la Maison Antoine Vitez qui lui a attribué plusieurs bourses de traduction. Par ailleurs, elle travaille régulièrement pour le surtitrage français de spectacles italiens pour le Festival Face à Face et auprès des compagnies de théâtre de Pippo del Bono, Motus, Emma Dante, Lucia Calamaro, Daria Deflorian et Antonio Tagliarini…

De Davide Carnevali, elle a également traduit Variations pour le modèle de Kraepelin pour lequel elle a obtenu le prix des Journées des auteurs de Lyon pour la traduction, Sweet Home Europa, retenue par le Bureau des lecteurs de la Comédie Française, Portrait d’une femme arabe qui regarde la mer, L’heure de Religion (courte pièce écrite à la demande de la metteur en scène Véronique Bellegarde)

 

Résumé en anglais

GOOD BYE EUROPA – LOST WORDS
DAVIDE CARNEVALI

Futuristic politico drama in 7 scenes
Translated from Italian by Caroline Michel in 2015
Lost Words was written with the support of the Theatertreffen Berlin as part of the Stückemarkt’s 35th anniversary in 2013

A futuristic political drama, inspired by the crisis surrounding the building of the European Union. The play describes a world of unregulated capitalism where everything (including humans, animals and objects) is disposable, merchandisable and therefore exhaustible.  Men and women are no longer distinguished from each other, and they in turn cannot distinguish themselves from animals. Ukrainian bears who dance drunk on tables are liable to be revoked. Obsolescence afflicts humans in the same way as worn out machines and their tired organs are used to make canned food for humanitarian actions.

 

Résumé en allemand

GOOD BYE EUROPA – LOST WORDS
DAVIDE CARNEVALI

Futuristisches politisches Drama in sieben Szenen
Zweiter Teil des Diptychons über Europa
Übersetzung aus dem Italienischen von Caroline Michel 2014
Lost Words wurde mit Unterstützung des Theatertreffens Berlin 2013 verfasst.

Futuristisches Theater über die Abwege der globalisierten Wirtschaft und den Zynismus eines deregulierten Kapitalismus für den alles nutzbar, verwertbar und somit auszubeuten ist. In dieser Welt gibt es keine Unterschiede mehr. Männer und Frauen unterscheiden sich untereinander genauso wenig wie von den Tieren, ukrainische Bären, die betrunken auf den Tischen tanzen, müssen mit der Entlassung rechnen, Menschen und Maschinen veralten gleichermaßen, verdorbene Organe werden zu Lebensmittelkonserven für humanitäre Hilfslieferungen verarbeitet.

 

J’appelle mes frères de Jonas Hassen Khemiri

 

J’APPELLE MES FRERES

JONAS HASSEN KHERIMI

 

Pièce en 11 scènes

Ecrite en 2013 à Stockholm

Titre original : Jag ringer mina bröder

Traduite du suédois Marianne Ségol-Samoy en 2013

Publiée en français par Théâtrales

 

La pièce

Un acte terroriste a eu lieu : une voiture piégée a explosé en plein centre, semant un vent de panique dans la ville. Shavi puis Valeria puis Ahlem puis Tyra téléphonent à Amor pour lui faire des recommandations. Mais lesquelles ? Doit-il faire profil bas afin de ne pas se distinguer des autres ? Doit-il essayer de se fondre dans la masse ? Ou au contraire, vaut-il mieux manifester sa présence et être « visible » ?

Amor évolue dans un paysage menaçant contaminé par la paranoïa tout en essayant d’agir normalement. Mais qu’est-ce qu’un comportement normal ? Comment gérer sa peur et maintenir ses pensées et ses opinions à l’écart des préjugés ? Quelle attitude adopter quand les autres nous regardent d’un œil suspicieux? Qui est un coupable potentiel ? Eux ? Moi ? Nous ?

 

Note de la traductrice

J’appelle mes frères est une pièce jouant avec les préjugés envers les autres et envers nous-mêmes. Ici, comme souvent chez Khemiri, la représentation des immigrés et des étrangers est au cœur de la pièce. Au fur et à mesure que le personnage central évolue dans un paysage urbain, l’arrière-plan politique d’une société se dessine et révèle son racisme et sa peur de l’étranger. Comme vus à travers un kaléidoscope, les personnages changent d’identité, se croisent, se mêlent. La multiplicité des appartenances et des identités culturelles et cultuelles sème bientôt le doute. Les apparences sont toujours trompeuses. Une tâche quotidienne finit en interpellation musclée de la police. Un banal signe de la main se transforme en menace de mort. Un coup de fil devient un message de l’Autre Camp. Je deviens Tu qui devient Nous.

L’auteur nous embarque dans un univers singulier et claustrophobe où un personnage est happé par la suspicion ambiante. Une guerre a été déclarée. Mais pas comme nous l’entendons. Ici, la guerre s’est introduite dans la tête des gens et s’exprime sous forme de peur. Et lorsque cette peur s’est installée, les avions deviennent des missiles, les sacs à dos deviennent des bombes et tous les barbus deviennent des ennemis potentiels.

Jonas Hassen Khemiri écrit dans une langue originale et nuancée « faite maison ». Son suédois délibérément approximatif s’inspire du langage des banlieues, de l’arabe et des jeux de mots. Le résultat est une langue pluriculturelle à la fois drôle, poétique et métaphorique. La langue et les scènes courtes imposent un rythme soutenu aux 4 comédiens qui interprètent les 13 personnages. Ceux-ci se dédoublent, changent d’identité, brisant la linéarité et l’espace-temps et installant une réalité imaginaire. Progressivement, la comédie devient plus grinçante. Les clichés et les malentendus autour de l’Autre laissent place à la réalité et à la solitude de l’être humain. Et si l’autre, c’était moi ?

Marianne Segol

 

L’auteur

Né en 1978 à Stockholm d’un père tunisien et d’une mère suédoise, Jonas Hassen Khemiri est considéré comme l’un des auteurs suédois les plus importants de sa génération.

En 2003, à seulement 25 ans, il obtient une notoriété considérable avec la publication de son premier roman, Ett öga rött (Un rouge œil), qui a été un best-seller en Suède. Son deuxième roman qui s’est également vendu à plus de 200 000 exemplaires, Montecore – en unik tiger (Montecore – Un tigre unique, publié en France au Serpent à Plumes), lui a valu plusieurs récompenses. En 2012 paraît son troisième roman, Jag ringer mina bröder (J’appelle mes frères, à paraître en France chez Actes Sud en 2014), qu’il a aussitôt adapté pour la scène.

Sa première pièce de théâtre, Invasion !, a été jouée à guichets fermés de mars 2006 à janvier 2008. Elle a été montée en 2010 en France au Théâtre Nanterre-Amandiers dans une mise en scène de Michel Didym. En octobre 2009, Vi som är hundra (Nous qui sommes cent) a été montée au Théâtre national de Göteborg. En France, elle a été mise en espace par Mikael Serre en décembre 2011 à la Comédie de Reims et montée par Édouard Signolet en décembre 2012 à Théâtre Ouvert. En 2015, elle a été mise en scène par le collectif Fluorescence au Théâtre National de Belgique. Jag ringer mina bröder (J’appelle mes frères) a été créée en janvier 2013 au Théâtre national de Malmö et a été sélectionnée à la Biennale de théâtre en Suède en mai 2013. En France, elle a été mise en scène en 2014 par Melany Charvy, compagnie Les Entichés. En Belgique, elle a été mise en scène en 2015 par Rachid Benbouchta à l’Espace Magh. En 2017, la pièce sera mise en scène par Noémie Rosenblatt à la Comédie de Béthune.

Jonas Hassen Khemiri a reçu de nombreux prix dont en 2011 la bourse Henning Mankell en Suède et le OBIE Award aux États-Unis. Ses romans sont traduits en français, en allemand, en danois, en norvégien, en finnois, en néerlandais, en hongrois, en italien, en russe et en anglais, et ses pièces ont été jouées en France, en Allemagne, en Norvège, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

En 2015 il a reçu le prix August (équivalant du prix Goncourt en Suède) pour son roman Allt Jag inte minns (Tout ce dont je ne me souviens pas), à paraître prochainement chez Actes Sud.

L’œuvre dramatique de Jonas Hassen Khemiri est gérée par l’agence Althéa.

 

Oeuvres théâtrales traduites en français

Invasion !- Editions Théâtrales

J’appelle mes frères – Editions Théâtrales

Nous qui sommes cent – Editions Théâtrales

L’Apathie pour débutants – Editions Théâtrales

(Presque égal à )- Editions Théâtrales

 

La traductrice

Marianne Ségol-Samoy est née en Normandie en 1972. Elle a une double maîtrise de français langue étrangère et de lettres scandinaves. Après plusieurs années passées sur scène en tant que comédienne, elle se lance dans la traduction de pièces de théâtre et de littérature suédoises.

Elle a traduit une trentaine de pièces dont une dizaine pour le jeune public et une trentaine de romans dont une dizaine pour la jeunesse. Elle traduit des auteurs de théâtre comme Sara Stridsberg, Jonas Hassen Khemiri, Suzanne Osten, Rasmus Lindberg, Malin Axelsson… et des auteurs de roman comme Henning Mankell, Per Olov Enquist, Katarina Mazetti, Astrid Lindgren, Per Nilsson, Johanna Thydell. Depuis 2013, elle coordonne le comité nordique de la Maison Antoine Vitez. Cofondatrice de LABO/07, réseau d’écritures théâtrales internationales d’aujourd’hui, elle a dirigé l’édition le numéro 10 des Cahiers de la Maison Antoine Vitez avec Karin Serres.

 

Résumé en anglais

I CALL MY BROTHERS
JONAS HASSEN KHERIMI
Written in 2013 in Stockholm
Original title: Jag ringer mina bröder
Translated from Swedish Marianne Ségol-Samoy in 2013
Published in French by Théâtrales

There was a car bomb attack in the city centre and the whole Muslim community immediately became alarmed. Amor, a member the Tunisian community, is an integrated immigrant who just wants to live peacefully without money problems. But on the day in question, he promised his cousin to exchange a drill bit in a store near the place of the attack. But negative rumours as well as the mistrust of others brand him as guilty in their eyes. But guilty of what ?
A very impressionistic play about the discomfort of the Muslim community in Sweden.

 

Résumé en allemand

ICH RUFE MEINE BRÜDER
JONAS HASSEN KHEMIRI

2012 in Schweden verfasstes Stück

Originaltitel: Jag ringer mina bröder

Übersetzung aus dem Schwedischen von Marianne Segol 2013

Ein Attentat mit einem sprengstoffbeladenen Auto mitten in der Innenstadt versetzt unverzüglich die islamische Gemeinde in Aufregung. Amor ist ein integrierter Immigrant tunesischer Herkunft, der einfach sein gesichertes Leben als junger leitender Angestellter leben will. Aber er hat seiner Cousine versprochen, an diesem Tag in einem Geschäft in der Nähe des Attentatsortes den Bohrer einer Bohrmaschine umzutauschen. Gerüchte und der Blick der anderen machen ihn zum Schuldigen, aber zu Schuldigen wofür? Zudem klingelt ständig sein Telefon… Ein sehr impressionistisches Stück über das Unbehagen der muslimischen Gemeinde in Schweden, wo der Rassismus eine bedrohliche Dimension annimmt.

Notre Classe de TADEUSZ SLOBODZIANEK

 

NOTRE CLASSE

TADEUSZ SLOBODZIANEK

 

Pièce en 14 leçons

Titre original Naska Klasa

Traduit du polonais par Cecile Bocianowski en 2015

Editée en français aux Editions de l’Amandier 2012

Mise en espace à la Mousson d’été

En 2010, la pièce a reçu le prix littéraire le plus prestigieux en Pologne.

Traduite en plusieurs langues, elle a été montée à Londres, Rome, Barcelone, Toronto, Philadelphie, Tokyo, Tel Aviv et New York

En France, la pièce a été crée récemment par la Cie Retour d’Ulysse dans une mise en scéne de Justine Wojtyniak. Une serie de représentations est prévue au Théâtre de l’Epée de Bois à Vincennes en avril et mai 2017

 

La piece

Une histoire en quatorze leçons qui relate la vie de dix camarades de classe, juifs et catholiques, des bancs de l’école à nos jours. Ils grandissent et entrent dans la vie adulte ensemble, devenant les acteurs et témoins des événements traumatisants de l’histoire européenne du xxe siècle.

Notre Classe s’inspire de ce dont les Polonais n’ont commencé à parler que depuis peu : les pogroms, et notamment celui du village polonais de Jedwabne qui a vu ses habitants juifs massacrés par leurs voisins en 1941. Comment la religion ou l’idéologie deviennent-elles plus importantes que l’amitié ? En dialogue discret avec Kantor, Tadeusz Słobodzianek ne cherche pas à résoudre la question de la responsabilité : « Je ne crois ni au bien ni au mal. Je pose la question de la nature d’un monde où le mal est inséparable du bien et inversement. Ce n’est pas une pièce sur les Juifs et les Polonais. C’est une pièce sur les différents destins des Polonais face au tragique de l’histoire. »

 

L’auteur

Tadeusz Slobodzianek est né en Pologne en 1955. Auteur, dramaturge, critique théâtral et directeur de théâtre à Varsovie (Teatr Dramatyczny). Il a fondé le théâtre anthropologique Wierszalin basé dans un village à l’est de la Pologne, près de la frontière biélorusse où il cherchait à explorer le mythe, la tradition et le folklore de la région. En 2003, il crée l’école de l’écriture dramaturgique Laboratoire du Drame, qui forme les auteurs du théâtre et réalise scéniquement leurs textes. Il a obtenu de nombreux prix en Pologne pour ses pièces et mises en scène et était lauréat de Fringe Firste à Festival d’Edinbourg..

 

La traductrice

Cécile Bocianowski est traductrice du polonais et enseignante. Diplômée de la Sorbonne et de l’Université de Varsovie, elle est assistance de polonais à l’Université Libre de Bruxelles et vient de soutenir une thèse de littérature comparée sur le grotesque dans le théâtre européen au XXème siècle. Elle a entre autres traduit des pièces de Tadeusz Slobodzianek, Michal Walczak, Artur Grabowski, et corédigé une édition bilingue de La Morale de Mme Dulska, un classique du théâtre naturaliste polonais. Elle prépare actuellement la publication d’une seconde édition bilingue avec une pièce du romantique polonais Slowacki.

 

Résumé en anglais

OUR CLASS
TADEUSZ SLOBODZIANEK

Original title Naska Klasa
Translated from Polish by Cecile Bocianowski in 2015
Published in French by Editions de l’Amandier 2012
Translated into several languages, it was produced in London, Rome, Barcelona, ​​Toronto, Philadelphia, Tokyo, Tel Aviv and New York
In France, the piece was recently created by the Cie Retour d’Ulysse in a directing of Justine Wojtyniak.

A story in fourteen lessons that tells the story of ten classmates since the years before the war until the present day. Jews and Catholics were together in the same class in this Polish village before the war. The Russian and the German invasions turn them into enemies. They grow up and enter adult life together, becoming players in, and witnesses to, the traumatic events of European history in the twentieth century.

 

Résumé en allemand

UNSERE KLASSE
TADEUSZ SLOBODZIANEK

Originaltitel: Naska Klasa

Übersetzung aus dem Polnischen von Cecile Bocianowski 2015

Das Stück wurde in verschiedene Sprachen übersetzt und in London, Barcelona, Toronto, Philadelphia, Tokio, Tel Aviv und New York aufgeführt.

Auf Französisch veröffentlicht durch die Editions de l‘Amandier 2012.

Eine Geschichte in vierzehn Lektionen. Juden und Katholiken besuchen dieselbe Schulklasse in einem polnischen Dorf vor dem Zweiten Weltkrieg. Der Einmarsch der Russen und der Deutschen lassen sie zu Feinden werden. Sie wachsen gleichzeitig zu Erwachsenen heran und werden Täter und Zeugen der wichtigsten dramatischen Ereignisse der europäischen Geschichte des 20. Jahrhunderts.